Aniki bóbó
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Première partie

L’instantané ‘‘Monaco en films’’, issu des collections de l’Institut, suivi d’un court métrage :

Duro, faina fluvial de Manoel de Oliveira (Portugal, 1931, noir et blanc, 18 min.).

Les pénibles activités quotidiennes sur les quais du Douro, lors de son passage à travers Porto : chargements, déchargements, circulation, vente de poissons…

Aniki Bóbó

Portugal – 1942 – Noir et blanc – 71 min. – VOSTF

Réalisation et scénario : Manoel de Oliveira.

Dialogues : Manoel de Oliveira, António Lopes Ribeiro, Nascimento Fernandes, Manuel Matos

Image : Antonio Mendes.

Son : Sousa Santos.

Musique originale : Jaime Silva Filho.

Décors : José Porto.

Montage : Manoel de Oliveira, Vieira de Sousa.

Production : Manoel de Oliveira.

Avec : Nascimento Fernandes (le commerçant), Fernanda Matos (Teresinha), Horácio Silva (Carlitos), António Santos (Eduardito)

 

L’HISTOIRE

Porto. Ses vieilles ruelles qu’agitent les cris et les courses d’une bande d’enfants. Il y a Eduardo, le caïd qui impose le respect grâce à ses prouesses nautiques, Carlitos un garçonnet blond et doux, Petiot ainsi surnommé à cause de sa taille et que Carlitos a pris sous sa protection, et beaucoup d’autres encore que les jeux intéressent plus que l’école. Il y a aussi Térésinha, une jolie demoiselle dont Carlitos dispute
les faveurs à Eduardo. Un jour, pour la séduire, Carlitos vole une poupée qu’elle a admirée dans la vitrine de la « boutique des tentations ».

 

CRITIQUE

Aniki bóbó est à la croisée de plusieurs sources d’influences. La nouvelle de Rodrigues de Freitas d’abord, dont le cinéaste a repris les lignes générales (un groupe d’enfants enfermés dans une salle de classe, d’où ils s’échappent pour investir la ville) et à laquelle il a ajouté une intrigue à la fois sentimentale et « policière ». L’univers de Mark Twain n’est pas étranger non plus à ce récit d’apprentissage centré sur des enfants issus des milieux les plus populaires. Des influences cinématographiques ensuite, Zéro de conduite de Vigo pour l’exaltation de la liberté et la rêverie de l’enfance, Chaplin sans doute aussi pour l’humanisme et la tendresse qui marquent le regard de l’auteur sur ses jeunes personnages.

Ariel Schweitzer, Cahiers du cinéma n°695, décembre 2013, p. 86.