Première partie

L’instantané ‘‘Monaco en films’’, issu des collections de l’Institut, suivi d’un court métrage :

Plein ouest , d'Alice Douard  (France, 2019, couleur, 17 min.).

Mathilde, neuf ans, profite de son dernier jour de vacances au bord de la mer avec sa bande de copains.

BIENVENUE MR. MARSHALL

Luis Garcia Berlanga

Bienvenido Mister Marshall. Espagne – 1953 – Noir et blanc – 78 min., vostf

Réalisation : Luis García Berlanga

Scénario : Juan A. Bardem, Luis G. Berlanga et Miguel Mihura.

Image : Manuel Berenguer.

Musique : Jesús García Leoz.

Montage : Pepita Orduña.

Production : Vicente Sempere pour Unión Industrial Cinematográfica.

Avec : José Isbert (Don Pablo, le Maire), Lolita Sevilla (Carmen Vargas), Manolo Morán (Manolo), Alberto Romea (Don Luis), Elvira Quintillá (Señorita Eloísa), Luis Pérez de León (Don Cosme, le curé), Félix Fernández (Don Emi-liano, le médecin).

 

L’HISTOIRE

Villar del Río est un petit village castillan où le maire, le curé, des notables, un hidalgo et quelques villageois vivent paisiblement. Mais une nouvelle extraordinaire va tout bouleverser : la délégation américaine du Plan Marshall doit s’y arrêter. Comment la recevoir ? Pour plaire à ces visiteurs qui ne manqueront pas de distribuer les dollars à la pelle et satisfaire aux rêves les plus fous, on costume les paysans de Castille en Andalous et en Gitanes, on transforme cette pauvre bourgade en un joli village où la fête bat son plein.

 

CRITIQUE

Au dernier festival de Cannes, Bienvenue Mr. Marshall fit l’effet d’une bombe. Explosif, au demeurant bien sympathique que ce film gai, traité tout en finesse et dont la malice affirme la permanence, au-delà des Pyrénées, d’un esprit latin du meilleur aloi. Avec cette œuvre, le metteur en scène, Luis Berlanga et le scénariste Juan Bardem, prennent rang parmi les plus illustres réalisateurs : ceux qui firent Miracle à Milan et donnèrent au cinéma italien un incomparable éclat ; ceux qui tournèrent Passeport pour Pimlico, faisant du cinéma britannique le plus original et le plus divertissant. Ce n’est pas au hasard qu’on évoque, à propos de Bienvenue Mr Marshall, le néoréalisme transalpin et l’humour anglais.

Car cet « oiseau rare » du cinéma espagnol tient la gageure d’unir sans défaillance l’amer et le sucré.

Jean Rochereau, La Croix du 26 juillet 1953.