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Première partie

L’instantané ‘‘Monaco en films’’, issu des collections de l’Institut, suivi d’un court métrage :

De la joie dans ce combat, de Jean-Gabriel Périot (France, 2018, couleur, 22 min.).

Réalisé pour l’Opéra de Paris dans le cadre de la Troisième Scène, le film brosse le portrait d’un groupe de femmes pour qui la musique est un moyen de résister et de sortir de l’isolement.

BROADWAY DANNY ROSE

Woody Allen

États-Unis – 1984 – Noir et blanc – 85 min., vostf.

Réalisation et scénario : Woody Allen.

Image : Gordon Willis.

Son : Frank Graziadei.

Musique originale : Dick Hyman.

Direction artistique : Mel Bourne.

Décors : Leslie Bloom.

Costumes : Jeffrey Kurland.

Montage : Susan E. Morse.

Production : Jack Rollins & Charles H. Joffe Productions, Orion Pictures Corporation.

Avec : Woody Allen (Danny Rose), Mia Farrow (Tina Vitale), Nick Apollo Forte (Lou Canova), Sandy Bar-on, Corbett Monica, Jackie Gayle, Morty Gunty, Will Jordan, Howard Storm, Jack Rollins, Milton Berle, Joe Franklin, Howard Cosell (dans leurs propres rôles).

 

L’HISTOIRE

Dans un snack, autour d’une table, quelques comiques échangent des histoires drôles et des souvenirs. Ils évoquent Danny Rose, un petit impresario qui se donnait un mal fou pour placer quelques artistes

de seconde zone. Il misait à l’époque sur le retour d’un crooner vieillissant, Lou Canova, qui avait une maîtresse, Tina, elle-même veuve d’un truand lié à la mafia et courtisé par Johnny Rispoli. Danny Rose devait la conduire à une soirée organisée par Lou Canova, en se faisant passer pour son amant pour ne pas éveiller les soupçons de sa femme

 

CRITIQUE

Il y a donc dans ce film apparemment « mineur » une sérénité, un élargissement de la vision, comme si Woody Allen-auteur apprenait à filmer un monde où il rencontrerait Woody-acteur, à la façon dont, dans ses derniers films, Tati croisait sans ciller d’innombrables petits Hulots. Il y a une drôle de vérité dans ce film. Celle du récit, rien moins.

Que se passe-t-il lorsqu’on passe de « il était une fois » à « j’en connais une bien bonne » ? Alors, l’envie de raconter, de briller à tout prix, quitte à simplifier, à exagérer, à sauter des épisodes, à ne pas perdre son auditoire, toutes ces passions simples qui animent les narrateurs d’un soir, au lieu de handicaper le film, lui donne une vraie respiration.

Serge Daney, Libération, 11 octobre 1984.