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Première partie

L’instantané ‘‘Monaco en films’’, issu des collections de l’Institut, suivi d’un court métrage :

Un adieu, de Mathilde Profit (France, 2019, couleur, 24 min.).

Une voiture longe les côtes françaises. À l’intérieur, un père emmène sa fille à Paris commencer sa vie étudiante, une nouvelle vie dans une ville inconnue.

GOSSES DE TOKYO

Yasujiro Ozu

Umarete wa mita keredo. Japon – 1932 – Noir et blanc – 91 min. – Muet – Intertitres vostf.

Réalisation : Yasujiro Ozu

Scénario : Akira Fushimi, Geibei Ibushiya d’après une idée originale de James Maki.

Image : Hideo Shigehara.

Direction artistique : Takeshi Kawano.

Décors : Takashi Kono, Yoshino Kimura, Tsunetaro Inoue.

Montage : Hideo Shigehara.

Production : Shochiku Company (Tokyo).

Avec : Hideo Sugawara (Ryoichi, le fils aîné), Tokkan Kozo (Keiji, le cadet), Tatsuo Saito (Yoshii, le père), Mitsuko Yoshikawa (la mère), Takeshi Sakamoto (le patron), Seiji Nishimura (le maître d’école), Teruyo Hayami (la femme du patron) Seiichi Katô (le fils du patron).

 

L’HISTOIRE

Une famille et leurs deux jeunes garçons, Keiji et Ryoichi, s’installent dans la banlieue de Tokyo. Les enfants, victimes de brimades de la part de la bande de gosses du quartier, font l’école buissonnière. Le père, mis au courant par l’instituteur, les force à retourner en classe afin qu’ils deviennent « des gens

importants ». Les enfants, grâce à l’aide d’un garçon plus âgé, parviennent à se faire accepter et à remplacer l’ancien chef de la bande. Toutefois, ils se rendent compte que leur père, simple employé de bureau, fait quotidiennement des courbettes à son patron, quitte à se rendre ridicule.

 

CRITIQUE

Le sage Ozu que nous admirons était à vingt-neuf ans un révolté qui se souvenait d’avoir été un insoumis. Celui qui, pendant un an, avait trempé son thermomètre dans l’eau chaude et toussé comme un phtisique afin d’échapper à l’armée n’acceptait toujours rien. Avant d’en venir au style nu que nous connaissons, il avait expérimenté toutes les cabrioles possibles de la caméra et du montage. Dans le domaine des idées, de la vie sociale, il ruait aussi. Gosses de Tokyo est, pendant les trois quarts de sa projection, une comédie de mœurs d’une drôlerie et d’un modernisme inouïs. Pourtant vers la fin, Ozu ne peut s’empêcher de laisser éclater sa colère.

Michel Mardore, Le Nouvel Observateur du 15 décembre 1980, p. 95.