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Projection suivie d'un débat avec les Rencontres Internationales Monaco et la Méditerranée (RIMM).

HALFAOUINE, L’ENFANT DES TERRASSES

Ferid Boughedir (1990)

Asfour stah, Tunisie, France, 1990, couleurs, 96 min. vostf

Réalisation et scénario : Ferid Boughedir. Dialogues : Taoufik Jebali. Image : Georges Barsky. Son : Hachemi Joulak. Musique originale : Anouar Brahem. Décors : Claude Bennys, Taieb Jallouli. Costumes : Naama Jazi. Montage : Marie-Christine Rougerie, Moufida Tlatli. Production : Cinétéléfilms (Tunis), France Media, RTT - Radiodiffusion Télévision Tunisienne, Scarabée Films, La Sept Cinéma, WDR - WestDeutscher Rundfunk (Köln). Avec : Mustapha Adouani (Si Arrouz), Rabia Ben Abdallah (Jamila), Raja Ben Ammar (la cliente de Salih), Fatima Ben Saïdane (Saloua), Selim Boughedir (Noura), Hélène Catzaras (Latifa), Carolyn Chelby (Leila), Mohamed Driss (Salih), Abdelhamid Gayess (le Cheikh Mokhtar), Fethi Heddaoui (Khemaïs), Radhouane Meddeb (Mounir), Jamel Sassi (Moncef), Raouf Ben Amor (le client chez le coiffeur), Taoufik Jebali (le client chez le coiffeur).

L’HISTOIRE

Le jeune Noura vit à Halfaouine, un quartier populaire du vieux Tunis. Depuis toujours, il accompagne sa mère au hammam des femmes. Même s’il ne fait pas ses douze ans, il commence à y regarder les clientes d’un œil qui n’est plus tout à fait celui de l’enfance. Le reste du jour, il erre dans les rues avec deux copains plus âgés que lui qui s’essaient en vain à la drague.

 

CRITIQUE

Filmer l’enfance, n’est jamais qu’une manœuvre. Un truc de mise en scène. L’enfance n’est jamais un corps devant la caméra, puisqu’un enfant, c’est par définition quelqu’un qui est train de grandir, qui change tout le temps. C’est donc, comme on dit justement filmer d’un point de vue d’un enfant dont il doit s’agir. Ferid Boughedir a compris que ce regard changeant, mobile de l’enfance, c’est celui du désir. Et que le désir, du corps et des yeux, entendu par une grande personne, c’est le désir amoureux.

Avec cette intelligence et cette honnêteté, il n’était pas difficile de faire un très beau film.

Tristan de Lajarte in Bande à part n° 5-6, p. 9, juin-juillet 1990.