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Première partie

L’instantané ‘‘Monaco en films’’, issu des collections de l’Institut, suivi d’un court métrage :

All inclusive , de Corina Schwingruber Ilic (Suisse, 2019, couleur, 10 min.).

Comment ne pas tomber sous le charme de ce paquebot géant : ici pas le temps de s’ennuyer, divertissement assuré 24h/24.

IT MUST BE HEAVEN

Elia Suleiman

France, Qatar, Allemagne, Canada, Turquie, Palestine – 2019 – Couleur – 97 min., vostf.

Réalisation et scénario : Elia Suleiman.

Image : Sofian El Fani.

Son : Johannes Doberenz.

Décors : Caroline Adler.

Costumes : Alexia Crisp-Jones, Éric Poirier.

Montage : Véronique Lange.

Production : Rectangle Productions, Nazira Films, Pallas Film, Possibles Media, Zeyno Film, Doha Film Institute, ZDF/Arte, Turkish Radio, Television Corporation, Cn3.

Avec : Elia Suleiman (dans son propre rôle), Tarik Copti et Kareem Ghneim (voisins à Nazareth), George Khleifi (le serveur du restaurant de Nazareth), Grégoire Colin (l’homme dans le métro parisien), Vincent Maraval (le producteur de films), Kwasi Songu (le chauffeur de taxi à New York), Raïa Haïdar (la « femen »), Gael García Bernal dans son propre rôle.

 

L’HISTOIRE

Elia Suleiman fuit la Palestine à la recherche d’une nouvelle terre d’accueil, avant de réaliser que son pays d’origine le suit toujours comme une ombre. La promesse d’une vie nouvelle se transforme vite en comédie de l’absurde.

Aussi loin qu’il voyage, de Paris à New York, quelque chose lui rappelle sa patrie.

 

CRITIQUE

Le cinéaste le dit explicitement dans le dossier de presse : « Si dans mes précédents films, la Palestine pouvait s’apparenter à un microcosme du monde, mon nouveau film, tente de présenter le monde comme un microcosme de la Palestine. » L’idée est géniale, et c’est là qu’être à la fois palestinien et drôle n’a absolument rien d’une contradiction. L’humour de Suleiman, proche du burlesque d’observation de Jacques Tati ou d’Otar Iosseliani, consiste à prélever de la réalité des détails significatifs et à les pousser jusqu’au ridicule ou l’absurde. Quand le procédé est réussi, comme ici, son artificialité ne fait que révéler celle du monde. La précision du burlesque, y compris lorsque les gags semblent énormes, est alors une forme suprême d’acuité.

Marcos Uzal, Libération, 25-26 mai  2019, Dossier Cannes, p. IV.