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Première partie

L’instantané ‘‘Monaco en films’’, issu des collections de l’Institut, suivi d’un court métrage :

Ayez donc des gosses (I Do...), de de Fred Newmeyer (États-Unis, 1921, noir et blanc, 22 min.).

Harold et Mildred, jeunes mariés sans enfant, se voient confier la garde de leurs neveux.

L'AMOUR C'EST GAI, L'AMOUR C'EST TRISTE

Jean-Daniel Pollet

France – 1968 – Couleur – 95 min.

Réalisation : Jean-Daniel Pollet.

Scénario : Jean-Daniel Pollet, Remo Forlani.

Image : Jean-Jacques Rochut.

Son : René Levert.

Musique originale : Jean-Jacques Debout.

Montage : Néna Baratier.

Production : Anatole Dauman pour Argos Films.

Avec : Claude Melki (Léon), Bernadette Lafont (Marie), Jean-Pierre Marielle (Maxime), Chantal Goya (Arlette), Marcel Dalio (Monsieur Paul), Remo Forlani (Gros Momo), Jacques Robiolles (Philippe), Vasilis Diamantopoulos (Porphyre Aristophanopoulos), Jacques Doniol-Valcroze (le client d’Arlette), Rufus (Charles).

L’HISTOIRE

A Paris, dans le Faubourg Saint-Antoine, Léon est tailleur et travaille dans un appartement où sa sœur, Marie, qui passe pour voyante, est en réalité une prostituée, ce qu’ignore Léon, jusqu’au jour ou Maxime, le « protecteur » de celle-ci, le lui révèle - grosse déception ! C’est alors qu’apparaît dans la maison, une petite provinciale que Marie a rencontrée le matin. La jeune fille voulait se suicider ; Marie l’a réconfortée et invitée à s’installer dans l’appartement. Léon tombe amoureux d’elle sans oser se déclarer.

 

CRITIQUE

Malgré son aspect « théâtre de boulevard », L’Amour c’est gai, l’amour c’est triste peut fort bien être estampillé « nouvelle vague » en ce sens que, parvenu à un tel degré de liberté par rapport aux lois traditionnelles du récit, le film parvient à vivre sa vie de film. Le dialogue, qui ne ménage personne et flirte avec le mot d’auteur, accorde la même valeur arbitraire aux jeux de langage que celui du Godard d’alors, et son « Eh ! T’es camé Léon ? » vaut bien, soyons honnêtes,

le « Allons-y Alonzo ! » de Pierrot le fou. Et lorsque l’écran tombe enfin sur le désarroi de notre héros, victime de sa trop grande naïveté, celui-ci fixe des yeux la caméra et bredouille ce mauvais calembour : « J’ai vécu… poil aux oreilles ! » qui condense à la fois le tragique et le dérisoire d’une vie ratée.

Vincent Vatrican, Bref n° 30, automne 1996, p. 14.