Première partie

L’instantané ‘‘Monaco en films’’, issu des collections de l’Institut, suivi d’un court métrage :

Terrains glissants de François Vogel (France, 2000, couleur, 11 min.).

De New York à São Paulo, de la campagne française au désert californien, images déformées, temps élastique : le film nous offre une vision poétique et singulière de l’homme sur la planète.

L'Arbre, le Maire et la Médiathèque

France – 1993 – couleur – 105 min.

Réalisation, scénario et dialogues : Éric Rohmer.

Image : Diane Baratier.

Son : Pascal Ribier.

Musique originale : Sébastien Erms.

Montage : Mary Stephen.

Production : C.E.R. - La Compagnie Éric Rohmer (Paris).

Avec : Pascal Greggory (Julien Dechaumes), Arielle Dombasle (Bérénice Beaurivage), Fabrice Luchini (Marc Rossignol), Clémentine Amouroux (Blandine Lenoir) François-Marie Banier (Régis Lebrun-Blondet), Michel Jaouen (Antoine Pergola), Jean Parvulesco (Jean Walter), Françoise Etchegaray (Madame Rossignol).

 

L’HISTOIRE

À Saint-Juire, petit village vendéen, le maire socialiste, Julien Dechaumes, projette de construire une médiathèque avec une subvention du ministère de la Culture. L’instituteur, Rossignol, s’insurge contre ce projet parce qu’il va provoquer la mort d’un arbre planté au milieu du terrain. Julien et son amie, l’écrivain Bérénice Beaurivage - Parisienne invétérée - vont voir l’oncle de Julien, rédacteur en chef d’Après-demain, journal politique. Là, ils rencontrent Blandine Lenoir, journaliste, qui décide d’écrire un article autour du  personnage de Julien qu’elle juge être le prototype de l’homme politique d’aujourd’hui.

 

CRITIQUE

De quoi s’agit-il dans cette fable digne de La Fontaine ? Tout simplement de problèmes d’espace et de déplacement. Que peut-on faire des villes et des campagnes ? Comment doit-on habiter un lieu ? Questions d’écosystème, de proportions, d’habitat qui sont à la fois celles de la société, de la mise en scène et celles
du cinéma français en général. Si malentendu il y a eu, c’est qu’on n’a pas voulu suffisamment prendre au sérieux les hypothèses et autres paradoxes civiques et architecturaux énoncés par les personnages de  Rohmer. L’Arbre, le Maire et la Médiathèque est donc un film qui projette à nos yeux, dans une forme limpide, l’utopie réalisée d’un cinéma et d’un espace dont le seul et unique souci demeure de construire un monde qui s’accorde à nos désirs mais aussi à nos besoins.

Thierry Jousse, Cahiers du cinéma n° 465, mars 1993, p. 5.