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Première partie

L’instantané ‘‘Monaco en films’’, issu des collections de l’Institut, suivi d’un court métrage :

One Man Dog, de Paul Terry (États-Unis, 1927, noir et blanc, muet, intertitres vostf, 5 min. environ).

Péripéties burlesques entre un petit garçon, son père et un chien errant.

L’ÉMIGRÉ

Youssef Chahine (1994)

Al-Mohager. France, Egypte, 1994, couleurs, 129 min., vostf

Réalisation et scénario : Youssef Chahine. Image : Ramses Marzouk. Son : Rafat Samir, Gomea Abdel Latif, Gasser Khorched.  Directeur artistique : Hamed Hemdan. Musique originale : Mohamed Nouh. Chorégraphie : Walid Aouni. Costumes : Nahed Nasrallah. Montage : Rachida Abdel Salam. Production : Misr International Films, Ognon Pictures (Paris). Avec : Yousra (Simihit), Mahmoud Hémida (Amihar), Khaled El Nabaoui (Ram), Michel Piccoli (Adam), Safia El Emari (Basma), Ahmed Bédir (Tut), Hanan Al Torki (Hati), Seif Abdel Rahman (le capitaine Seif).

L’HISTOIRE

II y a trois mille ans, Ram, fils d’une tribu très pauvre vivant sur une terre aride, rêve de transformer sa vie. Il étouffe au milieu de ses frères frustres qui, par jalousie et cupidité, en arrivent à vouloir le tuer. Ram a le sentiment profond que vivre au jour le jour, dans le laisser-aller, comme tous les membres de sa tribu qui s’est résignée, ne peut être le chemin du bonheur. Il décide de quitter sa tribu pour aller apprendre à cultiver le désert dans la puissante Égypte des Pharaons. Les épreuves qui l’y attendent sont autrement plus grandes.

 

CRITIQUE

L’Émigré, au-delà de son sujet et de sa brûlante actualité, est un film spectaculaire, avec du sang, de la poussière et des larmes. Ce n’est que bien plus tard, le vent ayant tourné, les passions éteintes, avec le retour de l’enfant prodigue parmi les siens, ayant réussi l’impossible, rendre fertile cette terre promise, trouver sa voie, mais pas sa place, s‘étant forgé une vraie morale dans la reconnaissance de l’autre, que se profile une politisation de la parole biblique, et qu’apparaît le visage de l’homme selon Youssef Chahine. Et cette image d’espoir est tout simplement bouleversante.

Vincent Vatrican in Cahiers du cinéma n° 489, p. 29, mars 1995.