Précédent
Précédent
Précédent
Suivant
Suivant
Suivant

Première partie

L’instantané ‘‘Monaco en films’’, issu des collections de l’Institut.

LA DOULEUR

Emmanuel Finkiel

France – 2017 – Couleur – 127 min.

Réalisation et  scénario : Emmanuel Finkiel, d’après un roman de Marguerite Duras.

Image : Alexis Kavyrchine.

Son : Antoine-Basile Mercier, Jean Goudier, Benoît Gargonne, David Vranken, Aline Gavroy, Emmanuel Croset.

Musique originale : .

Direction artistique : .

Décors : Pascal Le Guellec.

Costumes : Anaïs Romand, Sergio Ballo.

Montage : Sylvie Lager.

Production : Les Films du Poisson, Cinéfrance, KNM.

Avec : Mélanie Thierry (Marguerite), Benoît Magimel (Rabier), Benjamin Biolay (Dionys), Shulamit Adar (Madame Katz), Emmanuel Bourdieu (Robert), Grégoire Leprince-Ringuet (Morland), Anne-Lise Heimburger (Madame Bordes), Patrick Lizana (Beauchamp).

 

L’HISTOIRE

Juin 1944, la France est toujours sous l’occupation allemande. L’écrivain Robert Antelme, figure majeure de la Résistance, est arrêté et déporté. Sa jeune épouse Marguerite, écrivain et résistante, est tiraillée par l’angoisse de ne pas avoir de ses nouvelles et sa liaison secrète avec son camarade Dionys. Elle rencontre un agent français de la Gestapo, Rabier, et, prête à tout pour retrouver son mari, se met à l’épreuve d’une relation ambiguë avec cet homme trouble, seul à pouvoir l’aider. La fin de la guerre et le retour des camps annoncent à Marguerite le début d’une insoutenable attente, une agonie lente et silencieuse au milieu du chaos de la Libération de Paris.

 

CRITIQUE

Au début du film d’Emmanuel Finkiel, en voix off, l’auteur raconte l’exhumation de récits écrits à la fin et au lendemain de la guerre, retrouvés quarante ans plus tard dans les « armoires bleues de Neauphle-le-Château. » Par cette citation, le cinéaste reprend à son compte l’engagement de vérité de Marguerite Duras. Il dira fidèlement, par le cinéma, ce que l’écrivaine a consigné, sans idée de publication, au fil des événements (…). Deux heures plus tard, la promesse a été tenue. Ce matériau compact, qui semblait impossible à travailler, s’est déployé pour devenir un film d’une beauté sévère, d’une délicatesse qui rend justement accessible la « violence glacée ».

Cette voix si reconnaissable qu’on entendait à chaque page du livre est devenue celle d’une autre – la Marguerite qu’incarne, avec une puissance jusqu’ici insoupçonnée – Mélanie Thierry.

Thomas Sotinel, Le Monde du 24 jenvier 2018, p. 14.