Première partie

L’instantané ‘‘Monaco en films’’, issu des collections de l’Institut, suivi d’un court métrage :

Le Moine et le Poisson de Michael Dudok de Wit (France, 1994, couleur, 6 min.).

Dans un monastère, qu’on devine cistercien, un moine, près du bassin, remarque la présence d’un poisson sautillant. Obsédé par cette découverte qui perturbe sa retraite, il essaie d’attraper l’animal en utilisant toutes sortes de stratagèmes.

La Tortue rouge

France - Belgique – 2016 – couleur – 80 min.

Réalisation et scénario : Michael Dudok de Wit.

Adaptation : Pascale Ferran, Michael Dudok de Wit.

Son : Alexandre Fleurant, Sébastien Marquilly.

Musique originale : Laurent Perez del Mar.

Direction artistique : Isao Takahata.

Décors : Julien De Man. Storyboard : Michael Dudok de Wit.

Montage : Céline Kélépikis. Animation : Jean-Christophe Lie.

Production : Prima Linea Productions, Why Not Productions, Wild Bunch, CN4 Productions, Arte France Cinéma, Belvision

 

L’HISTOIRE

Rescapé d’un naufrage, un homme survit à une tempête avant de s’échouer sur la plage d’une île déserte. Il explore ce nouvel environnement, sable et forêt de bambous, peuplé de quelques crabes, oiseaux, et  tortues qui viennent déposer leurs œufs sur la plage. Il survit, échappant aux pièges de l’île. À de nombreuses reprises, il construit un radeau de fortune pour prendre le large et fuir l’île. Mais à peine  commence-t-il à s’éloigner que de violentes secousses venues des fonds marins disloquent l’embarcation et l’obligent à faire demi-tour. Il finit par découvrir que ce sabotage répété est l’œuvre d’une tortue rouge.

 

CRITIQUE

La Tortue rouge se compose autour de la question de l’abandon de soi. D’abord assailli de peurs primitives, à commencer par l’idée de mourir seul loin de tout, le Robinson est guidé sur ce chemin par une tortue totémique dont l’autorité sourde rappelle les kami shintoïstes, divinités si chères à Miyazaki. Ce n’est qu’après avoir renoncé à l’idée d’un retour qu’il peut entamer sa marche vers la quiétude. Le vide sidéral de l’île dans un espace sans contours, où pourtant tout n’est que frontières, se mue en repère d’une vie foisonnante, source d’une joie azuréenne. L’incroyable beauté du film se révèle alors, le cinéaste donnant corps aux sons du silence et de la nature.

Marius Chapuis, Libération, 29 juin 2016, p. 28.