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Première partie

L’instantané ‘‘Monaco en films’’, issu des collections de l’Institut, suivi d’un court métrage :

Caprice en couleurs, de Norman McLaren et Evelyn Lambart (Canada, 1949, couleurs, 8 min.).

Le trio Oscar Peterson interprète quelques pièces de son répertoire, alors que les cinéastes transcrivent ces sons avec, comme seuls guides, leur talent et leur libre imagination.

LE CARROSSE D’OR

Jean Renoir (1952)

France, Italie, 1952, couleurs, 100 min., vostf

Réalisation : Jean Renoir. Scénario : Jean Renoir, Renzo Avanzo, Giulio Macchi, Jack Kirkland, Ginette Doynel, d’après la pièce Le Carrosse du Saint-Sacrement de Prosper Mérimée. Image : Claude Renoir. Son : Joseph de Bretagne, Ovidio Del Grande. Musique originale : Gino Marinuzzi. Décors : Mario Chiari. Costumes : Maria De Matteis. Montage : Mario Serandrei, David Hawkins. Production : Hoche Productions (Paris), Panaria Film (Roma). Avec : Anna Magnani (Camilla), Duncan Lamont (Ferdinand, le vice-roi), Nada Fiorelli (Isabelle), Odoardo Spadaro (Don Antonio), Gisella Mathews (la marquise Irène Altamirano), Riccardo Rioli (Ramon), Lina Marengo (la vieille comédienne), Paul Campbell (Felipe Aquierre), Ralph Truman (le duc De Castro), Elena Altieri (la duchesse De Castro), Georges Higgins (Martinez), Dante (Arlequin).

L’HISTOIRE

Au XVIIIe siècle, une troupe de la Comedia dell’ Arte vient donner des représentations dans un petit royaume imaginaire de l’Amérique du Sud. Camilla, la vedette, y est suivie par Felipe, amoureux fidèle attaché à ses pas. Ramon, le toréro le plus populaire du royaume, tombe amoureux de Camilla le soir de la première représentation et le vice-roi ne tarde pas à éprouver les mêmes sentiments. Ramon et Felipe s’étant éloignés, le vice-roi fait de Camilla sa favorite et lui fait don de son carrosse d’or que tous ses courtisans convoitaient. Ce geste provoque de telles jalousies que les adversaires du vice-roi veulent le destituer.

 

CRITIQUE

Le chef-d’œuvre absolu de Renoir. Le plus civilisé et le plus européen de tous les films. Les motifs d’admiration sont ici innombrables : construction en actes plus habile encore, dans sa géniale simplicité, que celle de La Règle du jeu, utilisation raffinée et savante de la profondeur de champ dans le théâtre, au palais du roi et surtout dans l’appartement de Camilla, splendeur harmonieuse des couleurs, et cette lumière claire et dorée qu’on n’a jamais revue depuis sur un écran. (…) Certes Renoir rend hommage au théâtre, mais ce serait une erreur que de limiter le sens du film à cet hommage-là. Le théâtre apparaît ici, bien évidemment, comme réalité concrète mais surtout comme métaphore. Il est le réceptacle de toutes les aspirations humaines à la totalité, à la plénitude ; il est le miroir de l’âme sensible et avide de l’héroïne et de celle de son auteur.

Jacques Lourcelles in Dictionnaire du Cinéma, p. 211, Robert Laffont, 1992.