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Première partie

L’instantané ‘‘Monaco en films’’, issu des collections de l’Institut.

MAINE OCÉAN

Jacques Rozier (1985)

France, 1985, couleurs, 130 min.

Réalisation : Jacques Rozier. Scénario et dialogues : Jacques Rozier, Lydia Feld. Image : Acácio de Almeida. Son : Nicolas Lefebvre. Musique originale : Chico Buarque, Francis Hime, Anne Frédérick, Hubert Degex. Costumes : Sylvie Nabrin. Montage : Jacques Rozier, Martine Brun. Production : Les Films du Passage, French Line, Antinea, FR3 Cinéma. Avec : Bernard Menez (le contrôleur Le Garrec), Luis Rego (le contrôleur Lucien Pontoiseau), Yves Afonso (Marcel Petitgas), Rosa-Maria Gomes (Déjanira), Lydia Feld (l’avocate Mimi de Saint-Marc), Pedro Armendáriz Jr. (l’imprésario mexicain), Bernard Dumaine (le juge), Mike Marshall (l’avocat ‘‘au fond des bois’’), Jean-Jacques Jelot-Blanc (le reporter de Radio Phare-Ouest), Christian Bouillette (Vallet).

L’HISTOIRE

Gare Montparnasse. Elle attrape de justesse son train. Puis elle s’installe, tranquille. Lorsque les contrôleurs passent, ils s’intéressent de près à son cas : elle n’a pas composté. Pour Le Garrec et Pontoiseau, les agents de la SNCF, la situation est claire. Pour Déjanira, elle ne l’est pas du tout : cette danseuse brésilienne ne parle pas un mot de français. Passe alors une avocate qui se propose de faire l’interprète. Les contrôleurs refusent. L’affaire s’envenime, puis finit par se calmer. Les deux femmes descendent du train, l’avocate entraînant avec elle Déjanira au tribunal de Baugé où elle va défendre Petitgas Marcel, un marin de l’Ile d’Yeu, qui a brutalisé un automobiliste après un incident de la circulation.

 

CRITIQUE

Le récit déconcerte agréablement par ses bifurcations soudaines, ses apparentes digressions, ses vagabondages assumés, son ignorance culottée et jamais dogmatique des lois de l’efficacité. On s’abandonne de bonne grâce à son rythme capricieux et fortuit, d’autant que Rozier éprouve un bonheur diablement communicatif à confronter des personnages venus d’horizons on ne peut plus disparates. Il les fait se heurter avec amour et humour, le regard qu’il leur porte étant, comme toujours dépourvu de toute sécheresse sociologique. Il y a chez lui un plaisir fervent à dépeindre des personnages en situation de vacance au sens littéral, un goût sincère et chaleureux de la rencontre, du métissage, de l’échange (…). Bref, on se laisse bercer au gré d’une narration insouciante, apparemment dénuée d’impératif, et d’une mise en scène toute à la jouissance du moment présent.

Jacques Valot in La Revue du cinéma n° 416, p. 60, mai 1986