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La folle ingénue
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Bientôt la bande annonce

PREMIÈRE PARTIE :

L’instantané « Monaco en films », issu des collections de l’Institut.

MORT À VENISE de Luchino Visconti

Morte a Venezia - Italie, 1971, couleur, 132 min., vostf.

Réalisation : Luchino Visconti. Scénario : Luchino Visconti, Nicola Badalucco d’après Mort à Venise de Thomas Mann. Image : Pasqualino De Santis. Musiques préexistantes : 3e symphonie et 5e symphonie de Gustav Mahler, Pour Élisa de Ludwig van Beethoven, Berceuse de Modeste Petrovitch Moussorgski, Valse de la Veuve joyeuse de Franz Lehár. Décors : Ferdinando Scarfiotti. Costumes : Pietro Tosini. Montage : Ruggero Mastroianni. Production : Alfa Cinematografica. Avec : Dirk Bogarde (Gustav von Aschenbach), Silvana Mangano (la mère de Tadzio), Björn Andressen (Tadzio), Mark Burns (Alfred), Romolo Valli (le directeur de l’hôtel des bains), Nora Ricci (la gouvernante de Tadzio), Marisa Berenson (la femme de Gustav), Carole André (Esmeralda), Franco Fabrizi (le barbier).

L’HISTOIRE

Le compositeur Gustav von Aschenbach arrive à Venise au petit matin. Il descend dans l’hôtel le plus élégant où se pressent des touristes bigarrés et dispose dans sa chambre les photographies de sa femme et sa fille disparues. Le soir, il descend dîner. C’est dans le hall qu’il remarque Tadzio. Le visage de l’adolescent fait jaillir en lui la sensation soudaine et fulgurante de la Beauté. Durant des jours, des semaines, Aschenbach rencontre dans les rues, sur la plage, dans l’ascenseur, le jeune étranger qui l’obsède, toujours accompagné de ses sœurs, de sa mère et de sa gouvernante.

CRITIQUE

Mort à Venise est remarquable par la symbiose parfaite qu’il opère entre l’œuvre de Thomas Mann, celle de Visconti, et leur vision respective de la « décadence » ; entre la beauté déjà perdue de cette Venise aube-de-siècle, celle des robes de femmes bruissantes et des salons rococos inondés de lumière, et celle du jeune Tadzio, aussi muette que fascinante ; entre l’odeur de mort que porte en lui, dès le début, Gustav von Aschenbach, et celle qui plane ensuite sur Venise malade, comme dans tous les derniers films de Visconti. Après Senso, Le Guépard, Les Damnés, Mort à Venise poursuit la peinture amère d’un monde où l’art, la beauté, la passion, sont irrémédiablement condamnés, et où leur décomposition même est objet de fascination.

Jacqueline Nacache, Cinéma n° 386, février 1987, p.14.