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Première partie

L’instantané ‘‘Monaco en films’’, issu des collections de l’Institut, suivi d’un court métrage :

All Night Long, de Harry Edwards (États-Unis, 1924, noir et blanc, muet, 20 min.).

Harry se réveille seul dans une salle de cinéma. Il est alors surpris par des cambrioleurs parmi lesquels il reconnaît son ancien sergent. Ils se racontent leurs souvenirs de guerre.

NOTRE PAIN QUOTIDIEN

King Vidor (1934)

Our Daily Bread, États-Unis, 1934, noir et blanc, 74 min., vostf

Réalisation : King Vidor. Scénario : Elizabeth Hill, d’après un sujet de King Vidor. Dialogues : Joseph Mankiewicz. Image : Robert Planck. Musique originale : Alfred Newman. Montage : Lloyd Nosler. Production : King Vidor. Avec : Karen Morley (Mary Sims), Tom Keene (John Sims), John Qualen (Chris), Barbara Pepper (Sally), Addison Richards (Louie), Lloyd Ingraham (l’oncle Anthony), Henry Hall (le charpentier), Nellie V. Nichols (l’épouse juive), Frank Minor (le plombier), Bud Rae (le maçon).

L’HISTOIRE

Un jeune ménage sans ressources exploite une ferme abandonnée avec l’aide de chômeurs, eux aussi à la recherche du pain quotidien. Ils forment une communauté où chacun apporte son travail et ses connaissances. Le menuisier, le maçon, le plombier voisinent avec le professeur de violon, voire le croque-mort. Une colonie se crée, on édifie un village, la terre est mise en culture et les premières pousses de maïs apparaissent. Mais la ferme est mise en vente. Les pionniers, tous ensemble, arrivent à l’acheter. Cependant, les fonds viennent à manquer, le découragement arrive, causé surtout par une grande sécheresse qui menace de ruiner l’effort de tant de mois.

 

CRITIQUE

Apologie du retour à la terre ? Ou de quelque socialisme vaguement autarcique ? Rien de tout cela : Vidor chante

le travail collectif et les nourritures terrestres avec un lyrisme exaltant. À la pureté quasi virgilienne de La Terre, il oppose le mouvement, la fougue d’une épopée. La grandeur simple des choses, la noblesse des travaux champêtres – et jusqu’à la germination qui prend figure ici d’une naissance universelle – tout acquiert la valeur du sacré. Moins connu que Hallelujah, ce film le dépasse par son unité, sa construction, son rythme large et puissant. Le final est un des sommets du cinéma.

Jean Mitry in Dictionnaire du cinéma, p. 194, Librairie Larousse, 1963.