Précédent
Précédent
Précédent
Suivant
Suivant
Suivant

Première partie

L’instantané ‘‘Monaco en films’’, issu des collections de l’Institut, suivi d’un court métrage :

Charlie rate son mariage, de Leo McCarey (États-Unis, 1925, noir et blanc, 19 min.).

Charlie, riche playboy, se marie un vendredi 13.

PAS SUR LA BOUCHE

Alain Resnais

France - 2003 – Couleur – 115 min.

Réalisation et scénario : Alain Resnais d’après l’opérette Pas sur la bouche ! d’André Barde et Maurice Yvain.

Image : Renato Berta.

Son : Jean-Marie Blondel.

Musique originale : Bruno Fontaine.

Musique préexistante : Maurice Yvain.

Décors : Jacques Saulnier.

Costumes : Jackie Budin.

Montage : Hervé de Luze.

Production : Arena Films, France 2 Cinéma, France 3 Cinéma, Arcade Productions, Vega Film AG.

Avec : Sabine Azéma (Gilberte Valandray), Pierre Arditi (Georges Valandray), Isabelle Nanty (Arlette Poumaillac), Audrey Tautou (Huguette Verberie), Darry Cowl (Madame Foin), Jalil Lespert (Charley), Daniel Prévost (Faradel), Lambert Wilson (Eric Thomson).

L’HISTOIRE

Lors d’un séjour aux États-Unis, Gilberte Valandray a été mariée en premières noces à un Améri-cain, Eric Thomson. Son mariage a été un échec. Mais ce mariage n’ayant pas été légalisé par le consul de France, il n’est, de fait, pas reconnu en France. Revenue à Paris, Gilberte a épousé Georges Valandray, riche métallurgiste. Celui-ci, qui croit à la félicité conjugale dès lors que l’on est le premier mari de sa femme, est soigneusement tenu dans l’ignorance de l’union avec Eric Thomson. Seule la sœur de Gilberte, Arlette Poumaillac, toujours célibataire, connaît le secret.

 

CRITIQUE

Le choix de faire chanter eux-mêmes leur rôle par les comédiens n’est ni une commodité ni une quête de performance. Ce choix est au cœur même du travail cinématographique d’Alain Resnais. Dans la fragilité de chacun, à ce moment de vérité, dans les dissonances impromptues entre les duettistes, chantant la romance de leur accord parfait, ou au contraire dans les harmoniques un instant impeccables d’un jeu dans lequel chacun n’a d’autre option que se lancer à corps perdu, les épreuves  du réel reviennent comme des fantômes. Elles hantent selon leurs propres lois et leurs propres angoisses les jeux de costumes et de moquerie du théâtre.

Jean-Michel Frodon, Cahiers du cinéma n° 585, décembre 2003, p.22