Première partie

L’instantané ‘‘Monaco en films’’, issu des collections de l’Institut.

Portrait de femme

The Portrait of a Lady – États-Unis – 1996 – couleur – 144 min. – VOSTF

Réalisation : Jane Campion.

Scénario : Laura Jones, d’après le roman de Henry James.

Image : Stuart Dryburgh.

Son : Peter Glossop.

Musique originale : Wojciech Kilar.

Direction artistique : Martin Childs, Stefano Ortolani.

Décors : Bruno Cesari, Janet Patterson.

Costumes : Janet Patterson, Rugerro Peruzi.

Montage : Veronika Jenet.

Production : Propaganda Films

Avec : Nicole Kidman (Isabel Archer), John Malkovich (Gilbert Osmond), Viggo Mortensen (Caspar Goodwood), Shelley Winters (Mrs Touchett), Shelley Duvall (la comtesse Gemini), Christian Bale (Edward Rosier), Valentina Cervi (Pansy Osmond), Martin Donovan (Ralph Touchett), John Gielgud (Mr Touchett), Richard E. Grant (Lord Warburton), Barbara Hershey (Serena Merle).

 

L’HISTOIRE

1872. Isabel Archer, jeune Américaine en séjour dans sa famille anglaise, est courtisée simultanément par un aristocrate anglais, Lord Warburton, un jeune Américain qui l’a suivie jusque-là, Caspar Goodwood, et de plus loin par son cousin Ralph Touchett, atteint d’une maladie qu’il sait incurable. Indépendante, décidée à faire
l’expérience du monde avant de s’engager par les liens du mariage, Isabel refuse tous les prétendants. Elle fait la connaissance d’une veuve un peu mystérieuse, Mrs Merle, qu’elle admire pour sa liberté d’esprit et son raffinement.

 

CRITIQUE

Portrait de femme est une œuvre de plénitude et de maturité. Il ne sert à rien de verser une larme sur l’impétuosité des premiers films. Le goût pour une mise en scène « au cordeau », la sûreté du cadrage 
et l’acuité tranchante de l’image y affleuraient déjà. Jane Campion n’a pas sombré dans l’académisme. Peut-être était-elle depuis ses débuts une authentique classique. Choix orgueilleux et admirable que le sien : à une époque où l’émotion s’affiche avec complaisance car elle fait vendre. Jane Campion ne s’intéresse qu’à celle qui se cache et qui ne sait pas s’exprimer. La forme n’est implacable qu’en apparence. Les gerçures y sont infimes et soigneusement dissimulées. Mais il s’en faudrait d’un rien pour que le sang perle. Comme pour tout portrait, ce sont les craquelures de la peinture qui font tout le prix de ce 
Portait de femme.

Christian Viviani, Positif n°430, décembre 1996, p. 8.