Première partie

L’instantané ‘‘Monaco en films’’, issu des collections de l’Institut, suivi d’un court métrage :

Les Raquetteurs de Michel Brault et Gilles Groulx (Canada, 1958, noir et blanc, 14 min.).

Considéré comme le précurseur du cinéma direct, ce documentaire relate les rites entourant un congrès annuel de raquetteurs à Sherbrooke, à la fin des années 1950.

Pour la suite du monde

Canada – 1962 – Noir et blanc – 105 min.

Réalisation et scénario : Pierre Perrault et Michel Brault.

Image : Michel Brault.

Son : Marcel Carrière.

Montage : Werner Nold.

Musique originale : Jean Cousineau, Jean Meunier.

Production : ONF - Office national du film du Canada (Montréal).

 

L’HISTOIRE

Sur l’Isle-aux-Coudres, au Canada, le droit de pêche appartient, depuis 1778, à trente-deux propriétaires qui, de père en fils, sont les « génies » de la pêche au marsouin blanc. Mais cette industrie typique de l’île n’a pas été exploitée depuis cinquante ans. Pour perpétuer la mémoire de cette coutume ancestrale,

pour « garder les traces » et se prouver qu’ils peuvent faire aussi bien qu’au temps passé,

les habitants décident de ressusciter la pêche au marsouin.

 

CRITIQUE

Pour la suite du monde peut bien être surtout, pour certains, un document poétique sur une communauté canadienne française qui, en plein XXe siècle, a gardé ses traditions et us, hérités de notre  vieille France ; pour d’autres, parmi lesquels je me range, l’acte de naissance du cinéma moderne, placé  sous l’enseigne du direct. Pour ces spectateurs montréalais qui longtemps rougirent de leur langue  française, de ces culs-terreux de l’arrière-pays parlant un français abâtardi, c’était, grâce à la vision de Pierre Perrault, au génie de Michel Brault et Marcel Carrière, matérialisant sur l’image et la bande sonore les moindres nuances d’une réalité fuyante, la soudaine révélation d’une commune ascendance française, d’une
tradition et d’un parler. Peut-être la révélation d’un caractère canadien français original. Pierre Perrault et ses collaborateurs avaient su rétablir une liaison interrompue pendant des siècles entre un peuple et ses origines.

Louis Marcorelles, Cahiers du cinéma n° 149, novembre 1963, p. 45.