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Première partie

L’instantané ‘‘Monaco en films’’, issu des collections de l’Institut, suivi d’un court métrage :

Notes on The Circus , de Jonas Mekas (États-Unis, 1966, couleurs, 12 min.).

Ce portrait kaléidoscopique, tourné monté, d’un spectacle du cirque Ringling Bros est dédié à Kenneth Anger

RÉMINISCENCES D’UN VOYAGE EN LITUANIE

Jonas Mekas (1972)

Reminiscences of a Journey to Lithuania, États-Unis, 1972, noir et blanc et couleurs, 82 min., vostf.

Réalisation, prise de son, montage et production : Jonas Mekas. Musique : Konstantinas Ciurlionis. Avec la participation de : Pola Chapelle, Ken Jacobs, Peter Kubelka, Adolfas Mekas, Hermann Nitsch

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L’HISTOIRE

Vingt-sept ans après leur départ en exil, les frères Mekas, Jonas et Adolfas, reviennent dans leur maison natale en Lituanie, arpentent à nouveau les terres de leur enfance. Avec sa caméra, dans un geste frénétique comme pour combler une privation insatiable, Jonas capte les scènes de ces retrouvailles, s’abreuve de nature, de scènes de vie quotidienne, de rituels familiaux autour de la mère, au centre, filmée le plus discrètement possible pour ne pas chasser le naturel. Entourant cette longue partie, un rappel en images de ses premières années new-yorkaises au sein de la communauté lituanienne, et sur le chemin du retour, une halte à Hambourg puis à Vienne pour visiter ses amis artistes.

 

CRITIQUE

Lorsque débute la séquence la plus longue, sobrement intitulée 100 images de Lituanie, on retrouve le style si particulier de Mekas, ce filmage coup d’œil où la caméra saute d’un objet, d’un visage à l’autre par des mouvements secs, des zooms rapides, atteignant rarement la netteté. Ce procédé d’abord contraignant pour le spectateur devient une manière unique de saisir des instants a priori communs – retrouvailles, repas, promenades – et de donner corps à un travail de mémoire qui est la raison d’être du film. Mémoire des choses, des personnes, des lieux, des odeurs, des idées. Autant de fétiches, de figures rendues à leur beauté quasi primitive par le splendide commentaire en voix off de Mekas, qui évoque son rapport passé avec les endroits montrés à l’écran.

Olivier Joyard in Cahiers du cinéma n°512, p. 8, avril 1997.