Abbas Kiarostami, les années Kanoon

Samedi 19 juin à 15h

En écho à l'exposition Où est l’ami Kiarostami ? que le Centre Pompidou consacre à l'artiste et cinéaste iranien, Abbas Kiarostami (1940-2016), l'Institut invite Massoumeh Lahidji, interprète et traductrice, collaboratrice du cinéaste à partir de 2007, co-commissaire de l'exposition, à présenter plusieurs films que le cinéaste a réalisés au Kanoon, l'Institut pour le développement intellectuel des enfants et des jeunes adultes.

Propos de Massoumeh Lahidji

 

« Le regard, la vision d’Abbas Kiarostami sont poétiques. Il est très marqué par l’héritage de la poésie persane. Qu’il traite de l’enfance, de la beauté de la nature, du désarroi humain, des crises politiques et sociales, c’est par ce prisme qu’il le fait. C’est ce qui rend son art universel et peu propice à une lecture littérale. Une des caractéristiques de la poésie persane est qu’elle offre toujours au moins deux lectures. Il y a un premier sens accessible, d’apparence simple, presque naïf, et un sens caché, que le lecteur doit puiser en lui-même. L’art de Kiarostami ne procède pas autrement. Kiarostami se levait chaque matin avec la jubilation d’un enfant s’apprêtant à expérimenter quelque chose de nouveau, à s’émerveiller encore du monde. »

 

En 1969, Abbas Kiarostami prend la direction de la branche cinéma, section documentaire, du tout nouvel Institut pour le développement intellectuel des enfants et des jeunes adultes, le Kanoon, imaginé en 1965 pour éditer la littérature jeunesse et la diffuser dans tout le pays. Il y réalisera 23 films jusqu’en 1991. Il continuera autant qu’il pourra, de tourner ses films en Iran et de les présenter dans le monde entier. En 1997, il reçoit la Palme d’Or du 50e Festival de Cannes, pour Le Goût de la cerise.

Courts-métrages présentés​

 

Le Pain et la rue, 1970, 11 min

Nan va kutcheh d’Abbas Kiarostami

Un jeune garçon rentre chez lui après avoir acheté du pain. Dans une ruelle, un chien errant lui bloque le passage. Perplexe et effrayé, le petit garçon cherche un moyen de se sortir de ce mauvais pas.

 

Les couleurs, 1976, 16 min

Rangha d’Abbas Kiarostami

Ce film de commande vise à éduquer les enfants aux couleurs.

Chaque couleur motive un inventaire d’objets usuels qui lui sont associés.

 

Ordre ou désordre, 1981, 17 min

Beh tartib ya bedun-e tartib d’Abbas Kiarostami

Le sens de l’ordre est gage d’une bonne organisation sociale. Pour démontrer cet axiome, Abbas Kiarostami propose une série de saynètes présentées deux fois :

la première de façon organisée, et la seconde de façon anarchique.

Mais l’équipe de tournage peine à organiser le désordre !

 

Moyen-métrage présenté

Cas n°1, cas n°2, 1979, 48 min

Gazieh-e shekl-e avval, Gazieh-e shekl-e dovvom d’Abbas Kiarostami

Dans une classe, un élève chahute. Personne ne dénonce le coupable.

Le professeur expulse sept garçons, dont le coupable, pendant une semaine.

Cas numéro 1 : l’un d’entre eux finit par dénoncer son camarade.

Cas numéro 2 : personne ne dénonce le fautif.

Le cinéaste projette ces deux cas à des adultes et recueille leurs avis.

 

Le visionnage de ces deux saynètes va déclencher une prise de parole aussi bien chez les pères des élèves que chez des dirigeants politiques et spirituels de ce pays qui vient de renverser la monarchie du Shah. Chacun s’exprime librement sur ce cas de dilemme moral, sans que le cinéaste ne prenne parti. Instantané d’un entre-deux politique, où la diversité politique est encore de mise avant le rétablissement de la censure, Cas n°1, cas n°2 sera interdit juste après sa première projection. Il sera ensuite considéré comme un film unique sur la révolution.

Entrée 3€ - réservation indispensable : (+377) 97 98 43 26 / info@institut-audiovisuel.mc
RDV au niveau +1 de l’immeuble L’Engelin au 83-85, bd du Jardin exotique à Monaco

Les couleurs
Ordre ou désordre
Cas n°1, cas n°2