Samedi 7 mai à 15h

 

Le cinéma animé

Projection et conférence de Jean-Baptiste Garnero

Chargé d'études pour la valorisation des collections au Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC)

Quand l'inerte prend vie : Le cinéma animé

 

La principale caractéristique du cinéma est de restituer le mouvement capté au préalable par la caméra. Ainsi le cinéma en prises de vues réelles, ou tourné image par image, anime la vie à l’écran.

 

 

          Les Aventures des Pieds Nickelés d’Émile Cohl (3ème série), 1917 

                                                   © GP Archives

Toutefois, la mise en mouvement d’images se pratiquait bien avant l’invention du cinéma. Selon certains chercheurs, l’art pariétal ou les frontons de bâtiments antiques regorgent d’exemples d’une grammaire de figures animées. Plus près de nous, les spectacles de lanternes magiques et autres fantasmagories lumineuses du XVIIe siècle, traduisent cette (double) volonté de projeter une image et d’y inclure une mise en mouvement.

Les progrès industriels du XIXe ont permis une évolution sans précédent dans la fabrication et la diffusion d’images imprimées, de l’optique ou de la mécanique. Aux jouets d’illusions visuelles, succède à la fin du XIXe, une invention majeure, le praxinoscope d’Émile Reynaud (1877), qui est la synthèse des inventions basées sur l’illusion optique et la mise en mouvement entreprises en France et à travers le monde tout au long du XIXe.

Quelques déclinaisons et modernisations plus tard, cette invention permet la mise au point en 1888 du théâtre optique et ouvre la voie entre 1892 et 1900, aux premières projections publiques et payantes au théâtre du Musée Grévin. L’invention et l’essor du Cinématographe des Frères Lumière viennent perturber cette initiative due à un seul homme, Émile Reynaud (1844-1918).

 

                                 Pauvre Pierrot d’Émile Reynaud, 1892

                         © Succession Émile Reynaud et Julien Pappé

Il faut attendre plus de dix ans après l’invention des Lumière, pour que l’animation d’images ou d’objets à l’aide d’une caméra 35mm soit réalisée par des pionniers tels que Segundo de Chomón, Émile Cohl, Robert Lortac ou bien Marius O’Galop. Dès lors, la maitrise technique et narrative de ce nouveau médium n’a pas cessé d’évoluer et fait désormais partie de notre quotidien audiovisuel.

Jean-Baptiste Garnero

Il travaille depuis 2000 à la Direction du patrimoine du CNC. Il a assuré le suivi de nombreux projets visant à revaloriser la production et l’histoire du cinéma d’animation, notamment à la remise en production en France du dernier écran d’épingles fabriqué par Alexandre Alexeïeff et Claire Parker.

Les films du programme

Tous ont été restaurés et numérisés par le CNC

Le pré-cinéma

Dessins animés préhistoriques de Marc Azema, 5 min.

Quelques exemples d’animation de l’Antiquité de Georges Sifianos, 3 min.

Quelques documents sur l'histoire du cinématographe, réalisateur non identifié, 1926, 3 min.

 

Vues animées pour praxinoscope, d’après les bandes dessinées par Émile Reynaud, 1877, 3 min.

© Coll. CNC

Pauvre Pierrot d’Émile Reynaud, 1892, 5 min.

Autour d’une cabine, d’Émile Reynaud, 1894, 6 min.

© Succession Émile Reynaud et Julien Pappé

 

Les films d’Émile Cohl – Coll. GP Archives & Lobster films.

 

Fantasmagorie, 1908, 1 min. 38 sec.

Fantoche, clown formé par des lignes blanches sur un fond noir, se transforme et transforme les autres personnages.

Les Locataires d’à côté, 1909, 4 min.

Un locataire magicien effraye ses voisins qui l’espionnent par un trou dans la cloison.

Les Aventures des Pieds Nickelés, 3e série, 1917, 4 min.

Les aventures rocambolesques de trois mauvais garçons. Adaptation de la bande dessinée créée par Louis Forton en 1908.
 

Les films de Marius O’Galop – Coll. GP Archives

 

Bécassotte à la mer, 1920, 6 min.

Bécassotte décide d’aller se baigner alors qu’elle ne sait pas nager.

La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf, 1921, 3 min.

Adaptation de la fable de La Fontaine

Les films de Robert Lortac

 

La Tuberculose menace tout le monde, co-réalisé avec Jean Comandon, 1918, 2 min. © Coll. GP Archives

La Mort rôde. La tuberculose perd face à ceux qui vivent sainement.

Les Déboires d’un piéton, co-réalisé avec Landelle, 1922, 1 min. © Succession Robert Lortac

Effrayé par une voiture, un homme injurie le chauffeur qui le prend alors en fuite.

Les autres créateurs

La leçon de musique de Segundo de Chomón, 1909, 5 min.

© Coll. Département de La Charente

Un professeur enseigne le solfège à des femmes. Leurs cous s’allongent et les têtes se positionnent sur une portée.

Sculpteur moderne de Segundo de Chomón, 1908, 6 min 25s. © Coll. CNC

Des statuettes, des blocs de glaise s’animent comme par magie.

Gulliver chez les Lilliputiens d’Albert Mourlan et Raymond Villette, 1923, extrait de 3 min.

Naufragé, Gulliver se retrouve prisonnier sur l’île des Lilliputiens.

Quelques croquis de gosses de Hy Mayer, 1923, 6 min. © Coll. GP Archives
À partir d’images tournées dans les jardins parisiens et sur les plages azuréennes, des dessins naissent d’une main experte.

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