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Première partie

L’instantané ‘‘Monaco en films’’, issu des collections de l’Institut.

STALKER

Andreï Tarkovski (1978)

URSS, 1978, Couleurs, 161 min., vostf

Réalisation : Andreï Tarkovski. Scénario : Boris Strougatski, Arkady Strougatski d’après leur roman Pique-nique au bord du chemin. Image : Alexandre Kniajinski. Son : Vladlen Sharun. Musique originale : Edouard Artemiev. Direction artistique : Andreï Tarkovski. Décors : A. Merkoulov, Rashit Safiullin. Costumes : Nelli Fomina. Montage : Lyudmila Feyganova. Production : Mosfilm (Moscou). Avec : Alexandre Kaïdanovski (Stalker), Anatoli Solonitsyne (l’écrivain), Nikolaï Grinko (le physicien ou le professeur), Alissa Freindlich (la femme du Stalker).

L’HISTOIRE

Est-elle due à une météorite ? Est-elle due à un « accident » scientifique ? À une action d’extraterrestres ? Nul ne le sait. Toujours est-il que la Zone existe. Fermée, cernée, gardée. Militairement. Férocement. Lorsque le Stalker se lève ce matin-là, quittant sa femme qui supporte cette situation toujours aussi mal, c’est comme d’habitude, pour conduire quelques voyageurs à travers la Zone, jusqu’à la chambre dont on parle tant, celle où tous les désirs sont exaucés.

 

CRITIQUE

On ne manquera pas d’interpréter cette Zone, qui est évidemment comme le château de Kafka, à la fois un lieu réel et une idée, un territoire et un mot. La force du film, je la verrais plutôt dans sa littéralité, dans le trajet patient de ces hommes qui, c’est clair, portent sur eux, avec eux, toute la fatigue de ce rêve soviétique devenu un cauchemar dont on ne se réveille pas. Il n’y aura peut-être jamais de film sur le Goulag, j’entends de film soviétique, mais le stalker et ses compagnons nous viennent déjà de là, de ce lieu infigurable, et de ce mot radié du dictionnaire.

Serge Daney in Cahiers du cinéma n° 315, p. 35, septembre 1980.