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Première partie

All That is Solid, de Louis Henderson (Royaume-Uni, 2014, 15 min. vostf).

En s’intéressant aux exploitations minières au Ghana et à la décharge de produits électroniques d’Agbogbloshie, à Accra, All That Is Solid construit une mise en abyme critique visant à dissiper le mythe capitaliste de l’immatérialité des nouvelles technologies et renvoie le Cloud à ses origines minérales.

SUNSTONE

Filipa César et Louis Henderson (2018)

France, Portugal, 2018, noir et blanc et couleurs, 34 min. vostf

Conception, image, son et montage : Louis Henderson, Filipa César. Composition sonore : Joao Polido. Animation : Philippe Cuxac. Production : Spectre Productions, Stenar Projects.

L’ARGUMENT

Sunstone suit les lentilles de Fresnel depuis leur lieu de production jusqu’à leur exposition dans un musée des phares et des systèmes de navigation. Il examine également la diversité des contextes sociaux dans lesquels l’optique est impliquée, distinguant notamment le système de commerce triangulaire qui suivit les premières arrivées européennes dans le nouveau monde du potentiel politique entrevu dans le Op-art d’un cuba postrévolutionnaire. Mêlant images argentiques en 16 mm, captures d’écran numériques et images générées en 3D, le film poursuit en cela une trajectoire technologique : des méthodes historiques de navigation optique aux nouveaux algorithmes de localisation, de la projection unique aux visions satellitaires multi-perspectivistes.

 

CRITIQUE

Sunstone de Filipa César et Louis Henderson présente un portrait de Roque Pina, gardien du phare de Cabo da Roca, à l’extrême pointe occidentale de l’Europe continentale. Il parle, en voix off, de son travail et de son origine complexe, comme fils d’un père cap-verdien qui s’est battu aux côtés des Portugais. Il revendique la nécessité d’une philosophie du phare. César et Henderson répondent à cet appel : à travers et au-delà du portrait de Pina, Sunstone explore les métaphores optiques de la rationalité des Lumières via deux technologies à base de lentille, le phare et la caméra, au moment où ils sont respectivement remplacés par les algorithmes du GPS et les images de synthèse. Le phare devient une figure d’un héritage ambivalent de découverte et d’orientation, des notions autant épistémologiques que territoriales.

Erika Balsom, Ibraaz, 8 mai 2017