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Première partie

L’instantané ‘‘Monaco en films’’, issu des collections de l’Institut, suivi d’un court métrage :

Discours de bienvenue , de Norman McLaren (Canada, 1961, noir et blanc, 7 min.).

Le cinéaste McLaren tente de souhaiter la bienvenue à l’auditoire lors d’un festival de films.

TOUCHE PAS À LA FEMME BLANCHE

Marco Ferreri

France - Italie – 1973 – Couleur – 108 min.

Réalisation : Marco Ferreri. .

Scénario et dialogues : Rafael Azcona, Marco Ferreri.

Photographie : Étienne Becker.

Son : Henri Roux.

Musique : Philippe Sarde.

Direction artistique : .

Décors : Luciana Vedovelli.

Costumes : Lina Nerli Taviani.

Montage : Ruggero Mastroianni.

Production : Films 66 (Paris), Laser Film (Rome), Mara Films (Paris), Produzioni Europee Associati (Rome).

Avec : Marcello Mastroianni (Custer), Catherine Deneuve (Marie-Hélène de Boismonfrais), Philippe Noiret (général Terry), Mi-chel Piccoli (Buffalo Bill), Serge Reggiani (l’Indien fou), Ugo Tognazzi (Mitch), Darry Cowl (natura-liste), Alain Cuny (chef indien).

 

L’HISTOIRE

Le général Custer défile dans le Paris des années soixante-dix. Il est chargé de débarrasser la capitale du péril indien. La cavalerie de l’armée fédérale s’arrête au feu rouge, les éclats des trompettes et de la fanfare se mêlent aux volées des cloches de l’église Saint-Eustache, tandis qu’à l’ombre des palissades, Sitting Bull fume paisiblement le calumet de la paix. Buffalo Bill se donne en spectacle dans un café-théâtre, Mademoiselle de Boismonfrais tombe amoureuse de Custer et le général Terry, pantouflard timoré, soigne ses migraines. La grande armée américaine est massacrée alors que les spéculations vont bon train à la Bourse du commerce.

 

CRITIQUE

Touche pas à la femme blanche est un film assez décalé dans l’œuvre de Ferreri, très entière, refermée sur ses personnages, dont les petites histoires se soldent souvent par la destruction. Ici, tout se clôt par une ouverture, une note d’optimisme pour ainsi dire : l’oppresseur est réduit en miettes et le brimé y retrouve sa dignité. Entre silence requis et discours politique (la question indienne renvoie à la lutte des classes), Touche pas à la femme blanche choisit la voie de la décontraction pour porter haut les couleurs de la résistance.

L’immense territoire de nos utopies repassera nécessairement un jour par ce film-là, né d’un geste simple et inaugural.

Vincent Vatrican, Cahiers du cinéma, 100 films pour une vidéothèque, décembre 1993, p. 111.