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Première partie

L’instantané ‘‘Monaco en films’’, issu des collections de l’Institut, suivi d’un court métrage :

Atlantiques, de Mati Diop (France, 2009, couleurs, 16 min.).

À la nuit tombée, autour d’un feu, Serigne, jeune Dakarois d’une vingtaine d’années, raconte à ses amis son odyssée clandestine. L’esquisse de son long métrage en compétition à Cannes en 2019.

TOUKI BOUKI

Djibril Diop Mambéty (1972)

Le Voyage de la hyène, Sénégal, 1972, couleurs, 85 min., vostf

Réalisation et scénario : Djibril Diop Mambéty. Image : Pap Samba Sow. Son : El Hadj M’Bow. Décors : Aziz Diop Mambéty. Costumes : Aziz Diop Mambéty. Production : Cinégrit. Avec : Al Demba (Magaye Niang), Dieynaba Dieng (Marème Niang), Assane Faye (Christopher Colomb), Robbie Lawson (Moustapha Toure), Magoné N’Diaye (Aminata Fall), Aliou N’Diaye (Ousseynou Diop), Apsa Niang (Fernand Dalfin), Colette Simon (Omar Seck).

L’HISTOIRE

Anta, une jeune fille des quartiers pauvres de Dakar, s’est amourachée de Mory, un gardien de troupeau qui conduit une moto ornée d’un crâne de vache. Au sein d’une société cruelle prise entre tradition et modernité, tous deux forment un couple de marginaux. Ils s’inventent des histoires pour s’évader et, face à la mer, rêvent de prendre un bateau qui les mènera en France. En route, tous les moyens sont bons pour trouver les ressources nécessaires : jeux d’argent, vol ou escroquerie.

 

CRITIQUE

Sur cette trame scénarique quelque peu rouchienne, Djibril Diop a réalisé un film urbain, étonnant, sans descendance dans le cinéma africain qui, ces dernières années, a plutôt opéré un retour au village, sur l’action conjuguée de cinéastes à la recherche de leurs racines et de producteurs étatiques préférant les paisibles fictions rurales aux fictions urbaines qui sentent le soufre. (…) Touki Bouki a été présenté en 1973 à Cannes. Il a fallu treize ans pour qu’il sorte en salles. Il en a fallu le double pour découvrir Contes cruels de la jeunesse. Point commun entre ces deux films : ils nous arrivent tard, très tard alors qu’on semble avoir changé de socle. Ils forment comme la mauvaise conscience d’un cinéma aujourd’hui triomphalement post-moderne. Espérons qu’ils puissent l’empêcher de dormir tranquille.

Hervé Le Roux in Cahiers du cinéma n° 382, p. 61, avril 1986.