Vendredi 10 juin à 18h

 

Fernand Léger et le cinéma

Projection de films animée par Joël Daire, directeur délégué du patrimoine de la Cinémathèque française.

Séance introduite par Anne Dopffer, commissaire générale de l’exposition Léger et le cinéma

au musée national Fernand Léger à Biot du 11 juin au 19 septembre 2022.

En partenariat avec la Cinémathèque française et les Musées nationaux du XXème siècle des Alpes-Maritimes.

 

 

 

 

 

                                        La Tour de René Clair, 1928

                                     © La Cinémathèque française

C’est d’abord à travers le cinéma américain, celui de Chaplin et de Griffith en particulier que Fernand Léger découvre le 7e art et succombe à son attrait. La première guerre mondiale est sur le point de s’achever et, pour les rescapés de l’effroyable conflit, une légitime soif de distraction se porte sur les théâtres cinématographiques. Dans le cas de Léger, il ne s’agit pas seulement de se distraire, mais aussi de réfléchir au potentiel créatif du nouveau média, y compris pour son propre avenir artistique. C’est ainsi qu’assez naturellement, dès le début des années 1920, Léger se tourne vers le jeune cinéma français, vers une nouvelle génération de créateurs. Le grand initiateur de sa cinéphilie est Ricciotto Canudo, l’écrivain et critique franco-italien qu’une longue amitié lie à Léger et qui fonde en 1922 le Club des amis du septième art dont Léger fréquente assidument les réunions. Ce sont aussi les relations amicales nourries d’échanges artistiques et intellectuels qui vont agréger Léger à l’avant-garde cinématographique des années 1920 : Abel Gance, Marcel L’Herbier, Louis Delluc, Germaine Dulac, Jean Epstein sont les principales figures qui le conduisent à participer à l’expérience du cinéma d’abord en sa qualité d’artiste plasticien (à travers ses collaborations à La Roue de Gance et à L’Inhumaine de L’Herbier), puis comme réalisateur de Ballet mécanique en 1924. En particulier, le cinéma de Gance et celui d’Epstein exerceront une influence décisive sur sa pensée cinématographique. Sa fréquentation assidue du Studio des Ursulines l’amène à élargir encore sa cinéphilie. La programmation ici proposée doit être regardée comme une introduction à l’exposition Léger et le cinéma, à découvrir au musée national Fernand Léger à Biot.

Joël Daire

Directeur délégué du patrimoine de la Cinémathèque française, il développe parallèlement des recherches sur le cinéma français des années 1920, en particulier Jean Epstein auquel il a consacré une biographie (La Tour verte, 2014) et dont il codirige l’édition des écrits complets aux éditions de l’Œil.

 

 

                            La Glace à trois faces, de Jean Epstein,1927

                                       © La Cinémathèque française

Les films du programme

Par ordre de projection

Ballet mécanique de Fernand Léger et Dudley Murphy, France, 1924, 17 min, N&B avec teintages.

Collaboration : Man Ray - musique originale : Georges Antheil.

« Avec ce film, Léger parvient, grâce aux seules pulsations du montage "du ralenti au rapide", à mettre en mouvement des éléments fixes par nature. Puisant des procédés plastiques neufs dans les spécificités du médium – effets de cadrage, usage du gros plan –, Léger bouleverse notre perception du réel pour inventer un "nouveau réalisme". »

Julie Guttierez

La Glace à trois faces de Jean Epstein, France, 1927, 38 min, N&B.

Coll. Cinémathèque française.

« Usant en virtuose de son vocabulaire cinématographique favori (le gros plan et la surimpression en particulier), Epstein construit son récit selon un montage sophistiqué, dans lequel le champ/contrechamp ne tient quasiment aucune place. Au contraire, il multiplie, d'une même scène, les points de vue, les alterne, les juxtapose. Il varie à l'infini les valeurs de plan, le rythme du montage, traduisant ainsi les caprices de la mémoire. »

Joël Daire


La Tour de René Clair, France, 1928, 14 min, N&B.

Coll. Cinémathèque française.

« Un poème en images, c'est ce que je tentai de faire. Dans Paris qui dort, l'intrigue dont il me fallait suivre la ligne ne m'avait pas permis d'explorer tous les aspects de la tour Eiffel. Chaque fois que je passais près d'elle, j'étais tenté d'y monter à nouveau avec une caméra. Albatros me permit de satisfaire cette envie et je tournai pour mon seul plaisir La Tour à la gloire de cette grande fille de fer dont j'avais toujours été amoureux. »

René Clair


The Girl with the Prefabricated Heart de Fernand Léger, États-Unis, 1947, sonore, 8 min.

2e épisode de Rêve à vendre (Dreams That Money Can Buy) film collaboratif initié par Hans Richter auquel ont aussi participé Man Ray, Max Ernst, Marcel Duchamp et Alexander Calder. « Ce film poétique en technicolor emprunte au surréalisme et, par son refus de toute structure rationnelle, se teinte de l’univers dada. »

Elisabeth Magotteaux

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