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ANNULATION de la projection programmée dans le cadre

du Monte-Carlo Jazz Festival (annulé)

Première partie

L’instantané ‘‘Monaco en films’’, issu des collections de l’Institut.

LET'S GET LOST

Bruce Weber

États-Unis – 1988 – Noir et blanc – 120 min., vostf.

Réalisation : Bruce Weber.

Scénario : .

Image : Jeff Preiss.

Son : Maurice Schell.

Musique : Chet Baker.

Montage : Angela Corrao

Production : Little Bear Films.

Avec : Chet Baker, Vera Baker, Carol Baker, Richard Bock, William Claxton, Hersh Hamel, Chris Isaak, Ruth Young.

 

L’HISTOIRE

Né en 1929 au fin fond de l’Oklahoma où réside toujours une partie de sa famille, Chet Baker fait irruption sur la scène du jazz dans les années cinquante aux cotés de Stan Getz puis de Charlie Parker et Gerry Mulligan. L’emprise de la drogue perturbe sa carrière dès 1956 alors que, virtuose inspiré et novateur, il va de succès en succès, reconnu par ses pairs, sollicité même par le cinéma. Outre des archives et des témoignages, le film présente de larges moments d’une séance d’enregistrement de Chet Baker à Los Angeles en 1987 ainsi que les coulisses d’un concert lors du festival de Cannes, un an avant sa mort accidentelle en 1988.

 

CRITIQUE

Ce regard subjectif qui est l’essence et la force de Let’s Get Lost correspond parfaitement à la duplicité naturelle,

au nomadisme intérieur du musicien. Il ne semble pas y avoir d’autre façon de le filmer qu’en gros plan ou en plan rapproché, en alternant la lumière crue du jour californien et le noir et blanc expressionniste, forcé par le tournage

« à vif » des scènes nocturnes et noctambules. La scansion, par une magnifique contreplongée sur le visage mal rasé de Chet Baker, les cheveux flottant dans la nuit d’Hollywood, propose enfin une équivalence cinématographique de la musique « intérieure » que le trompettiste insuffle à ses romances. Ni apologie, ni discours documentaire, Let’s Get Lost restera comme un lumineux poème expressionniste, au sujet d’un petit cow-boy de l’Oklahoma,

d’un petit Blanc qui allait en faire baver à Miles et à Dizzy.

Jacques Kermabon in Bref n° 76, p. 40, janvier-avril 2007.