Holy Motors
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PREMIÈRE PARTIE :

L’instantané « Monaco en films », issu des collections de l’Institut.

HOLY MOTORS de Leos Carax

France, Allemagne, 2012, couleur, 115 min.

Réalisation, scénario et dialogues : Leos Carax. Image : Caroline Champetier, Yves Cape. Son : Erwan Kerzanet. Chansons originales : Neil Hannon, Leos Carax. Décors : Florian Sanson. Costumes : Anaïs Romand. Montage : Nelly Quettier. Effets visuels : Thierry Delobel. Production : Pierre Grise Productions (Paris), Théo Films (Paris), Arte France Cinéma, Pandora Filmproduktion GmbH, West Deutscher Rundfunk. Avec : Denis Lavant (Monsieur Oscar/le banquier/la mendiante/l’ouvrier spécialisé/Monsieur Merde...), Édith Scob (Céline), Eva Mendes (Kay M.), Kylie Minogue (Eva/Jean), Élise Lhomeau (Léa/Élise), Michel Piccoli (l’homme à la tache de vin dans la limousine), Jeanne Disson (Angèle), Leos Carax (le rêveur), Nastya Golubeva-Carax (la petite fille), Reda Oumouzoune (l’acrobate Mo-Cap).

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L’HISTOIRE

De l’aube à la nuit, quelques heures dans l’existence de Monsieur Oscar, un être qui voyage de vie en vie. Tour à tour grand patron, meurtrier, mendiante, créature monstrueuse, père de famille. Monsieur Oscar semble jouer des rôles, plongeant en chacun tout entier, mais où sont les caméras ? Il est seul, uniquement accompagné de Céline, longue dame blonde aux commandes de l’immense machine qui le transporte dans Paris et autour. Tel un tueur consciencieux allant de gage en gage. À la poursuite de la beauté du geste. Du moteur de l’action. Des femmes et des fantômes de sa vie. Mais où est sa maison, sa famille, son repos ?

 

CRITIQUE

Il ne faudrait pas croire (…) que Holy Motors est l’œuvre d’un poète souffreteux et plein d’emphase. C’est même le contraire. Si le film est tragique, il n’est pas sinistre, parce qu’il ne surplombe jamais ses spectateurs du ton docte de celui qui nous fait la leçon, mais aussi parce qu’il est sans cesse contrebalancé par un humour mordant. Il y a un rire constant dans Holy Motors, un rictus de désespoir qui pourrait être celui de L’Homme qui rit de Hugo, mais également un rire vif et piquant, un rire de sale gosse malpoli, irrévérencieux, celui de Carax. L’idée qui hante le film est d’ailleurs moins celle de la mort du cinéma (comme pourrait le suggérer le rêve cotonneux qui ouvre le film), que la mort de la beauté elle-même.

Jean-Baptiste Chauvin, Cahiers du cinéma n° 680, juillet-août 2012, p. 85.