La folle ingénue
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PREMIÈRE PARTIE :

L’instantané « Monaco en films », issu des collections de l’Institut, suivi d’un court métrage :

Au cinéma ! de Johanna Vaude (France, 2021, couleur/noir et blanc, 10 min.).

Un voyage dans le cinéma mondial pour rendre hommage à la salle de cinéma et à ses spectateurs.

LA FOLLE INGÉNUE d'Ernst Lubitsch

Cluny Brown - États-Unis, 1947, noir et blanc, 100 min., vostf.

Réalisation : Ernst Lubitsch. Scénario : Samuel Hoffenstein, Elizabeth Reinhardt d’après le roman Cluny Brown de Margery Sharp. Image : Joseph LaShelle. Son : Arthur von Kirbach, Roger Heman Sr. Musique originale : Cyril J. Mockridge. Direction artistique : J. Russell Spencer, Lyle R. Wheeler. Décors : Thomas Little. Costumes : Bonnie Cashin. Montage : Dorothy Spencer. Production : Twentieth Century Fox Film Corporation. Avec : Charles Boyer (Adam Belinski), Jennifer Jones (Cluny Brown), Peter Lawford (Andrew Carmel), Helen Walker (Betty Cream), Reginald Gardiner (Hilary Ames), Reginald Owen (Sir Henry Carmel), Margaret Bannerman (Lady Alice Carmel).

 

L’HISTOIRE

Londres, 1938. La ravissante Cluny Brown, qui a un faible pour la plomberie, effectue un dépannage à la place de son oncle chez un certain Hilary Ames. À cette occasion elle rencontre Adam Belinski, un écrivain qui aurait quitté la Tchécoslovaquie pour fuir le nazisme mais qui ressemble diablement à un pique-assiette de génie. L’oncle arrive chez Ames et trouve sa nièce légèrement alcoolisée après avoir bu quelques verres avec les deux hommes. Pour la punir et l’obliger à savoir tenir sa place, il décide de l’envoyer travailler comme domestique à la campagne pour Lord et Lady Carmel.

 

CRITIQUE

Après avoir minaudé, flirté, promis, repris, après avoir inlassablement parlé d’amour et indéfiniment reculé le moment de le faire, bref après avoir élevé le sexe au rang des beaux-arts, la femme de Lubitsch s’apaise enfin, retrouve une place et un corps. C’est tout un âge qui se termine ainsi. Est-ce à la guerre, à la maladie que nous devons cette paisible maturité ? Dans cette ironie ambiguë, Cluny Brown a des accents d’une telle force qu’on ne sait plus si l’on doit regretter le Lubitsch d’autrefois, ou celui qu’il aurait pu devenir si sa vie ne s’était pas trop tôt interrompue.

Jacqueline Nacache, Lubitsch, Edilig, Paris, 1987, p.165.