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Bientôt la bande annonce

PREMIÈRE PARTIE :

L’instantané « Monaco en films », issu des collections de l’Institut, suivi d’un court métrage :

Matières à rêver de Florence Miailhe (France, 2009, couleur, 6 min.).

Trouver matière à fantasmer dans la manière même de peindre. Matières à rêver s’improvise, comme on peut improviser, en amour, en fonction de sa fantaisie, de son partenaire, du temps qu’il fait, du lieu.

LA RIVIÈRE de Tsai Ming-liang

He Liu - Taïwan, 1997, couleur, 115 min., vostf.

Réalisation : Tsai Ming-liang. Scénario : Tsai Ming-liang, Yang Bi-ying, Tsai Yi-chu. Image : Liao Pen-jung. Son : Yang Ching-an. Décors : Lee Pao-lin. Montage : Chen Sheng-chang, Lei Chen-ching. Production : CMPC - Central Motion Pictures Corporation. Avec : Lee Kang-sheng (Xiao-kang), Miao Tien (le père), Lu Hsiao-ling (la mère), Chen Chao-jung (jeune homme dans le sauna), Chen Shiang-chyi (l’amie et amante de Xiao-kang), Chang Long (l’amant de la mère), Hui Ann (réalisatrice film de pub).

L’HISTOIRE

Xiao-kang vit à Taipei avec ses parents. Chacun mène sa vie : la mère a une liaison avec un homme qui pirate des vidéos pornos, le père hante les saunas gays. Xiao-kang, pour aider une amie sur le tournage d’un film, joue le rôle d’un cadavre dans l’eau. Le lendemain, une violente douleur s’installe dans ses épaules et son cou. Aucun médecin ni guérisseur ne parvient à le soulager de son mal. Son père voit sa chambre inondée par une fuite d’eau qu’il n’arrive pas à endiguer. Le père et le fils vont alors se trouver confrontés à leur intimité la plus secrète.

CRITIQUE

Si Tsai Ming-liang s’affirme comme un cinéaste de la maîtrise absolue, s’il enferme ses personnages et le spectateur dans une comédie humaine de plus en plus rigide, c’est pour s’ouvrir d’autant mieux à l’aléatoire ; on pourrait parler d’un néoréalisme obsessionnel, où la vision s’enrichit de ses propres limites, où la contemplation obstinée du néant finit – comme chez Rossellini – par faire obscurément affleurer l’être. Et sans doute un tel art a de quoi dérouter, qui ne propose ni remède ni discours social, qui se borne scrupuleusement à regarder, fût-ce l’insignifiant, fût-ce l’impensable ; mais c’est justement dans cette apparente passivité, dans cet abandon ultime à la dérive des êtres et des éléments, que peut ressusciter le mouvement même du désir.

Noël Herpe, Positif n° 439, septembre 1997, p. 15.