Nuages épars
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PREMIÈRE PARTIE :

L’instantané « Monaco en films », issu des collections de l’Institut, suivi d’un court métrage :

Bonsoir monsieur d’Antoine Chappey (France, 2022, couleur, 13 min.). 9 avril 2020. Premier confinement. Antoine n’arrive pas à joindre son père. Inquiet, il saute dans un taxi.

NUAGES ÉPARS de Mikio Naruse

Midaregumo - Japon, 1967, couleur, 108 min., vostf.

Réalisation : Mikio Naruse. Scénario : Nobuo Yamada. Image : Yuzuru Aizawa. Musique : Toru Takemitsu. Décors : Satoshi Chuko. Montage : Hideshi Ohi. Production : Toho. Avec : Yoko Tsukasa (Yumiko Eda), Yuzo Kayama (Shiro Mishima), Mitsuko Kusabue (Fumiko, la sœur de Yumiko), Mitsuko Mori (Katsuko, la belle-sœur de Yumiko), Daisuke Kato (Yuzo Hayashida), Yoshio Tsuchiya (Hiroshi, le mari de Yumiko).

 

L’HISTOIRE

Yumiko Eda et son mari Hiroshi se préparent à partir vivre aux États-Unis. Dans quelques mois, la jeune femme enceinte donnera naissance à leur premier enfant. Mais un événement tragique va bouleverser le cours de cette existence programmée.

CRITIQUE

Avec ce testament cinématographique, qui synthétise en quelque sorte l’essence de son œuvre, Mikio Naruse raconte une nouvelle fois l’histoire d’un amour tortueux et empêché par les événements. Deux heures durant, les personnages se tournent autour, jouent au chat et à la souris et parviennent tant bien que mal à nier leur attirance réciproque, bien que celle-ci aille à l’encontre des pesanteurs de la société bien-pensante et du puritanisme ambiant. Avec cette critique de l’asservissement des femmes au sein d’une communauté traditionaliste, le cinéaste dessine, au trait fin et à l’aide d’une caméra délicate, une ode à l’indépendance de celles qui, hélas, se voient contraintes de vivre aux crochets des hommes pour survivre, tout en laissant la voie libre à un amour considéré comme amoral.

Clara Tabard, L’Annuel du cinéma, 2018, p. 455.